Casier judiciaire -  Confidentiel toujours

En dépit de leur caractère non officiel, ces articles relatent les faits avec un témoignage important, qui aura beaucoup de poids durant le procès des deux malfaiteurs. Les hommes de la brigade n'ont pas caché leur émotion.

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ans le Ier arrondissement de Paris, ce soir, c'est le soulagement. 52 personnes, qui ont été retenues en otage dans un théâtre pendant 1h15, viennent d'être libérés, vient d'annoncer l'Élysée dans un communiqué. Les preneurs d'otages, Sébastien Perez et Thierry Simon, ont été capturés, ainsi que le cerveau de l'affaire, leur complice Christophe Canard.

« Au début nous avons cru à une blague. Mais nous avons vite déchanté », nous confie Michèle, 53 ans.

Tout commence comme une soirée des plus banales. Michèle et son mari se rendent au théâtre, où ils ont projeté d'assister à une représentation.. Soudain, avant même que les trois coups ne retentissent, deux individus masqués font irruption dans l'établissement. « Au début, nous avons cru à une blague », nous confie Michèle.

Mais le public prend vite conscience que les deux malfrats viennent de commettre un délit : ils cherchent un refuge pur la nuit, le temps d'échafauder un plan. « Nous avons vite déchanté, reprend-elle, encore sous le choc. C'était terrible ». Les deux hommes tiennent le public en respect. Très menaçants, ils imposent le silence et organisent leur négociation avec les forces de l'ordre.
Mais peu à peu, contre toute attente, l'atmosphère se détend. Ils se confient au public, et une certaine sympathie s'installe. « C'est un phénomène classique lors de prise d'otages, que nous appelons le syndrôme de Stockholm », précise le Dr Schwarzkopf, psychologue à l'institut Garnier. Amadoués, les preneurs d'otages enlèvent leurs cagoules et regardent la télévision avec leurs nouveaux amis. « Ce sont des gens très sensibles. Le petit est légèrement instable, mais le grand est très cultivé. Nous avons regardé le journal et une émission littéraire passionnante ».

« Ils ne sont pas totalement dénués d'humour ! Je leur ai envoyé un email »


C'est ainsi que le public vivra un moment unique aux côtés de jeunes garçons qui se révèleront sans danger. Une soirée riche en émotions, en rire, une véritable avalanche de sketches, si l'on en croit Michèle. « Ils ne sont pas totalement dénués d'humour ! Je leur ai envoyé un email, j'espère qu'ils sortiront vite de prison et que nous pourrons reprendre nos petites conversations ». La sympathie du public, ainsi que l'innocence du plus jeune plaidera certainement en leur faveur lors du procès qui doit se tenir prochainement. L'établissement ayant fait l'objet du larcin envisage déjà de retirer sa plainte. Une belle fin pour cette histoire originale.

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